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La linogravure

La linogravure est un type de gravure en taille d'épargne (technique consistant à enlever les blancs ou «réserves» du résultat final, l'encre se posant sur les parties non retirées par conséquent en relief;le papier pressé sur la plaque conservant l'empreinte de l'encre), proche de la gravure sur bois, et se pratique sur un matériau spécifique, le linoleum.

Certains parlent de linographie mais ce mot semble être exactement réservé à une technique d'impression sur textile à base de photographies. De manière toujours plus rare, la linogravure est quelquefois appelée linoglyphie

 Épinglé sur Linogravure

La linogravure est une méthode de gravure assez jeune : le linoléum apparaît en Angleterre en 1863. Au départ utilisé pour recouvrir les sols, c'est uniquement en 1900 qu'il est détourné vers la gravure.

Elle est dérivée de la xylographie ; on y retrouve par conséquent les mêmes principes techniques : taille en épargne des blancs, estampe obtenue par pression et transfert de l'encre disposée sur les zones non creusées sur le support. 

Le matériel nécessaire 

Plaque de linoléum

Le bloc à graver, de taille et d'épaisseur variable, est un matériau spécial dit linoléum (du latin linum et oleum). «Il se compose d'un mélange de poudre de liège, d'huile de lin, de gomme et de résine, la totalité étant comprimé sur une toile de jute». Le linoléum est plus homogène que le bois et ne comporte pas de fil (sens des fibres du bois, a contrario de la taille de bout, dans lequel les fibres du bois sont verticales sur le bloc)  ; plus tendre, il permet d'utiliser des outils moins fréquemment affûtés.


Outils

 
Un rouleau à encrage de la plaque de lino

 
 
Un manche avec différentes têtes de gouges

On compte trois principales étapes de la réalisation d'une estampe : l'évidement des futures zones de blanc et le travail sur la plaque (la gravure elle-même), l'application de l'encre (l'encrage), et enfin le transfert de l'image gravée sur le papier (l'impression, ou tirage).

Les outils utilisés en gravure sur bois conviennent idéalement à la linogravure : les gouges sont les outils de base. Elles sont fréquemment vendues par lots comportant un manche et des têtes interchangeables de différentes tailles et formes (en V ou en U). Dans le cadre d'une maîtrise plus poussée, il est envisageable d'avoir recours à des outils plus précis : le matoir, une tige d'acier à tête lignée ou pointillée, permet en frappant d'obtenir des grisés. Des pointes ou un tube frappé au marteau permettent la création de points ronds. L'utilisation du vélo (ou échoppe rayée) donne cependant des résultats moins probants qu'en gravure sur bois. Il est aussi envisageable d'avoir recours à des instruments plus fins comme des canifs ou des ciseaux.

L'encrage de la plaque de linoléum se fait grâce à un rouleau spécial «On peut toujours passer de l'encre sur toute la surface après avoir dégraissé le lino à l'essence ou au talc, ou après un léger ponçage à l'abrasif ; ensuite on procède par enlevage comme à la manière noire». L'encre peut être à base d'huile ou d'eau (encre typographique, ou aqualaque aussi employée en monotype par exemple).

Différents types de presses sont utilisables : il existe des presses spécialisées à la gravure, néanmoins une presse à reliure peut aussi être employée. L'impression peut se faire sur presse à bois, ou avec la presse à taille-douce ; on peut procéder manuellement «à la cuiller», ou au brunissoir ou avec un frotton.

Le choix du papier dépend du résultat escompté : il peut être humidifié ou imprimé à sec. Néanmoins, il est préférable qu'il possède un grain épais pour donner plus de «consistance» à l'épreuve.

Chaque estampe est unique et signée par l'artiste.


Les techniques

 
https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/1/18/Herstellung-eines-Kupferstichs.png
La technique de gravure.Illustration de l'Encyclopédie.

 

Graver consiste à dessiner sur un objet en creusant, ou en incisant sa surface. Dans la majorité des cas, la gravure est transposée, après encrage, sur un support tel que le papier. Avec la gravure égyptienne, le sgraffite et la lithogravure, le matériau gravé devient l'œuvre elle-même.

En gravure, il existe deux, ou alors trois, grands procédés :

  • la gravure en relief. Les spécialistes parlent de taille d'épargne[2]. C'est la technique employée pour la gravure sur bois ou la linogravure.

  • la gravure en creux nommée aussi taille-douce, le plus fréquemment sur métal, surtout sur cuivre (on parle alors de chalcographie [3]), mais également sur d'autres métaux comme le zinc, le laiton, l'acier...

  • la gravure en à-plat (ou impression à plat), troisième catégorie ajoutée par certains auteurs[4]. C'est le cas de la lithographie ou du monotype qui ne nécessitent pas de reliefs, et ne sont par conséquent pas des «gravures» au sens strict du terme mais assimilés comme tels.

En affinant ces catégories, nous trouvons :

  • la gravure mécanique ou semi-mécanique

    Le timbrage, le carborundum, le cliché verre

la gravure en à-plat ou planographie


Vous trouverez  l'estampe du XVe au XXe siècle sur le site de la BNF par ici

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