Accéder au contenu principal

Analyse d’oeuvre : Les expulsés d’Ernest Pignon Ernest

L’intérêt d’aborder l’œuvre « Les expulsés » d’Ernest Pignon Ernest en histoire des arts ne fait aucun doute. Son impact sur le public en lien avec le contexte du moment à Paris l’inscrivent dans une perspective historique ; un fait marquant de l’actualité. Mais comment un simple dessin marouflé sur la façade d’un immeuble peut-il susciter autant de questions ?


Nom de l’œuvre : « Les expulsés »
Période historique : XXe siècle
Domaines artistiques : Arts du visuel et Arts de l’espace
Thématiques possibles : Arts, espace, temps et Art, États et pouvoir.

Problématiques possibles :
· N° 1 : En quoi l’art se met-il au service de la mémoire ?
· N° 2 : Comment l’art s’inscrit-il dans la vie de la cité ?
· N° 3 : Comment l’art peut-il être un acte engagé ?





Nature de L’œuvre : Sérigraphie in situ éphémère.  

Artistes : Ernest Pignon Ernest
Date de création – lieu : Cette œuvre éphémère date de 1977/79, il n’en reste que des traces photographiques. Elle se situait sur la façade restante d’un immeuble voué à la démolition, à Paris.

Quelles sont vos 1eres impressions ?

Il est important de commencer à observer, décortiquer l’œuvre que l’on voit, tous les éléments qui vous viennent à l’esprit à première vue, sans censure. Jouez le jeu et prenez un instant pour noter…


Cette sérigraphie se trouvait à Paris, en France dans le quartier de Montparnasse, 14e arrondissement.


Repérage chronologique

Repérage de l’œuvre et des évènements historiques proches


  • · La révolution industrielle au 19ème siècle a amené de nouvelles techniques et connaissances, dont la photographie, qui ont remis en cause la façon de considérer les images.
  • · A partir des années 1960, l’art s’est rapproché de la vie et du public, et occupe l’espace réel. On trouve de nouvelles manières de concevoir les œuvres qui sont réalisées en fonction du lieu dans lequel elles sont vues (in situ). Ces créations sont temporaires, éphémères; on ne peut en conserver que les traces à travers des photographies ou des vidéos (d’où l’importance des progrès industriels).
  • · 1973 : Le micro-ordinateur fait son apparition pour un usage domestique.
  • · 1974 : En France, Valéry Giscard d’Estaing succède à la présidence de la république à Georges Pompidou, décédé le 19 mai.
  • · 7 janvier 1976 : le congrès du Parti communiste français abandonne la notion de dictature du prolétariat.
  • · 31 janvier 1977 : inauguration du Centre national d’art et de culture Georges Pompidou, rue Beaubourg à Paris.
  • · 25 mars 1977 : Jacques Chirac est élu maire de Paris
  • · 1977-1978 : réalisation de l’œuvre « les expulsés » par Ernest Pignon-Ernest
  • · 10 septembre 1977 : dernière exécution à la guillotine.
  • · 3 Novembre 1977 : Le gouvernement annonce des mesures contre l’inflation
  • · 1979 : (mai) première élection du parlement européen.
  • · 1979 : 1er lancement de la fusée Ariane.

Vie de l’artiste Ernest Pignon Ernest

 

Ernest Pignon-Ernest est un artiste plasticien engagé, né en 1942 à Nice.

Il est un des initiateurs, avec Daniel Buren et Gérard Zlotykamien, de l’Art Urbain ou Street Art en France.
Enfant, il est expulsé de chez lui, à Nice. Dès 1957, il travaille chez un architecte et développe sa pratique du dessin. Mobilisé en 1961-1962 pour la guerre d’Algérie, il commence à dessiner avec du brou de noix. Il s’attaque à la peinture grand-format à partir de 1966. Il a aussi beaucoup travaillé pour le théâtre et en a gardé le sens de la mise en scène.

Ernest Pignon-Ernest travaille sur la mémoire pour « Ne pas faire table rase du passé ».

Ses sérigraphies qui s’affichent sur les murs des villes du monde, sont mises en scène dans un espace public précis (installations In situ), jouent avec la perception du passant, puis disparaissent progressivement sous les effets de la pluie, du vent, du temps (affichage éphémère).

Il a été membre du Parti communiste français et parmi les fondateurs, en 1977, du Syndicat national des artistes plasticiens CGT.

Sensible aux injustices, il traite des thèmes comme l’avortement (Tours, Nice, Paris, 1975) les expulsés (Paris, 1979), et le sida (Soweto, 2002). 

Anecdote : Il aurait doublé son prénom après son nom afin de ne pas être confondu avec Edouard Pignon, un autre artiste plasticien de sa génération.

Depuis 1966, il expose chaque année ses œuvres nouvelles dans le cadre d’expositions personnelles dans la rue ou dans les musées européens.

Principaux temps forts et dates: 1978, Rimbaud, Paris Charleville. 1980, « accrochage » à Beaubourg. 1984, « Les Arbrorigènes ». 1988, début des « interventions » à Naples. 1997, « Tête à tête », Antonin Artaud, Paris. Ernest Pignon-Ernest a en outre dessiné le rideau de scène de l’Opéra de Monaco.

Contexte historique de création

Enfant, Ernest Pignon-Ernest a été lui-même expulsé de chez lui, avec ses parents, alors qu’ils vivaient à Nice. Ceci pourrait expliquer l’intérêt qu’il porte aux expulsés. Sensibilisé par la cause, il réagit à la nouvelle politique de la mairie Parisienne en exposant dans la ville. En effet, durant la période des années 1970-1980, un grand nombre de quartiers parisiens sont réhabilités. Le mur de l’immeuble sur lequel l’artiste à marouflé « Les expulsés » est situé dans le quartier de Montparnasse ; quartier qui fut touché par le projet de réhabilitation. A ce moment, des habitants sont expulsés en masse et leurs logements sont détruits selon la décision de la mairie. Ainsi Ernest-Pignon Ernest met en scène des personnages qui sont en partance. A ce moment le président était Valéry Giscard D’Estaing, et Jacques Chirac est élu maire de Paris.

Il a milité au parti communiste pour dénoncer l’exclusion. Pour ces raisons, ainsi qu’à cause de sa hantise des bombardements, il se lance dans une série d’œuvres dédiées à cette conjoncture qu’il appelle « Les Expulsés».

Caractéristiques du travail d’Ernest Pignon Ernest

Il est l’un des initiateurs, du Street Art en France et montre une démarche de travail engagée, militante.

L’engagement d’Ernest Pignon Ernest

Après son intervention contre le jumelage de Nice avec Le Cap en 1974, Ernest Pignon-Ernest a joué un rôle important dans la campagne Artistes du monde contre l’Apartheid Il a ainsi, depuis plus de vingt ans, gardé des liens étroits avec l’Afrique du Sud. Parti en 2001 pour Johannesburg avec l’intention d’y mener un projet sur le caractère multiculturel du pays, il a été amené à changer de thème en découvrant sur place la gravité de la pandémie de sida et en écoutant les sollicitations des organisations qui luttent contre l’hécatombe annoncée. Après de nombreuses rencontres dans les hôpitaux, les dispensaires, les crèches et en liaison avec les associations, Pignon-Ernest a élaboré une image faisant un parallèle entre la lutte contre le sida et celle contre l’apartheid, en se référant à la photographie de Sam Nzima représentant un homme portant le corps d’Hector Pieterson, un écolier tué pendant les émeutes de Soweto. Sérigraphiée sur place à plusieurs centaines d’exemplaires, il l’a collée, accompagné des habitants, sur les murs des quartiers particulièrement touchés de Warwick à Durban et de Kliptown à Soweto.

Nagasaki et Hiroshima sauront aussi le toucher.

Son engagement est aussi palpable quant il réalise la fresque à la Villeneuve de Grenoble sur la bourse du travail en collant des affiches du mouvement ouvrier local.

Il appose ses dessins sérigraphiés sur du papier fragile, sur les murs des cités, sur les cabines téléphoniques aussi. 

Ses marouflages se fondent dans l’architecture urbaine et finissent par faire partie de la vie de la cité. Intégrés dans le paysage, la population les accepte et vont même jusqu’à les protéger de la dégradation.
« L’œuvre c’est l’intervention de mes dessins dans la rue ».

Œuvres éphémères, elles ne sont pas signées, il arrive même qu’un passant se l’approprie. Tout le monde pourrait avoir Pignon-Ernest chez lui ; pas de musée, une fusion entre l’art et la vie.

Les témoignages photographiques permettent de conserver la mémoire de l’évènement.

Ernest Pignon-Ernest peut sembler s’opposer par sa démarche à l’art pensé pour les musées et les galeries d’exposition, mais il ne s’empêche pas d’y exposer, respectant toujours cette intention de fusion entre l’art et le lieu.

Il décrit lui-même son œuvre comme une manière de saisir l’essence d’un lieu. Il puise dans l’histoire du lieu, dans son histoire, mais aussi dans sa lumière, son espace. Puis, il vient y inscrire une image élaborée dans son atelier. Cette image est en général le dessin d’une représentation humaine à l’échelle 1, et reproduite par la technique de la sérigraphie. Pignon-Ernest installe lui-même son œuvre dans la ville, durant la nuit.

Nourri par un héritage culturel mêlant chrétien et païen, il n’hésite pas à s’inspirer et à citer les œuvres de Le Caravage (comme lors de son travail dans les rues de Naples).

Ses sérigraphies porteuses de mémoire, s’affichent sur les murs des villes du monde, et peuvent être considérés comme des « mises en scène » pour un espace public précis. Elles jouent alors avec la perception des passants. Elles disparaissent progressivement sous les effets des intempéries.

Il donne forme à des sujets douloureux de l’histoire sociale et politique de plusieurs pays au monde. Il peut œuvrer pour les minorités, les injustices, les crimes. Il s’engage dans la beauté d’un dessin là pour rompre le silence. 

Par son travail en noir et blanc, Pignon Ernest affirme qu’il évoque le fictif, mais il maintient l’effet de réalité par l’utilisation de l’échelle humaine.

Ernest Pignon Ernest ne fait pas que ça ! 

Entre 1983 et 1984, il réalise « Les Arborigènes » au Jardin des plantes à Paris et aussi au Musée d’Antibes, Forêt d’Uzeste… Ce sont des sculptures vivantes !

« Ce sont des figures d’hommes et de femmes en leur nudité végétative.

Ces sculptures sont des accumulations de cellules végétales mises en forme : il leur faut du soleil, de l’eau, sinon elles meurent, elles se dessèchent,se décomposent. C’est du végétal à forme humaine ».

Ces sculptures biovégétales sont réalisées à partir de mousse polyuréthanne. Constituées de cellules végétales vivantes injectées, elles poussent avec l’arbre. Elles représentent l’osmose mythique entre le végétal et l’humain, qu’incarne la figure de la Daphné du Bernin.

Les arbrorigènes de Pignon ErnestLes arbrorigènes de Pignon Ernest2


Les arbrorigènes de Pignon Ernest

Que sont devenus ces Arbrorigènes aujourd’hui ?

Plusieurs sont morts à Venise durant la Biennale de 1986. Je les avais installés à vingt mètres de haut. Ils n’ont pu être assez arrosés et se sont décomposés. Il en reste trois au musée Picasso d’Antibes sur la terrasse, une dizaine au Centre européen d’Action artistique contemporaine dans le parc de Pourtalès à Strasbourg, deux au Jardin des Plantes à Paris, quelques-uns en pension chez des amis…Entretien extrait de Ernest Pignon-Ernest, éditions Herscher, Paris, 1990.

Courant artistique

Ernest Pignon Ernest n’est pas à proprement dit un street artiste. En effet l’ensemble de ces oeuvres ne répond pas forcément au critères du courant du Street Art. Néanmoins il fut parmi les premiers à mettre ses oeuvres en situation, dans la rue. « Les expulsés »  font partie du courant artistique du Street Art : L’art urbain, ou Street Art, est un mouvement artistique contemporain. Il regroupe toutes les formes d’intervention artistique réalisées dans la rue, ou dans des espaces publics et à l’initiative de l’artiste lui-même. Il ne passe pas par le biais d’une institution pour intervenir plastiquement.

L’art urbain s’épanouit principalement en France depuis mai 1968 mais, le mouvement est «officialisé » au début des années 1980.

Les techniques sont variées (graffiti, pochoirs, projection vidéo, affiches, installation, origamis, tricot, scellement d’objets, mosaïques, stickers…).

Le tag en est exclu, considéré davantage comme un acte de vandalisme, et à ne pas confondre avec graffiti.

Il est majoritairement un art éphémère destiné à être vu par un grand public, qui ne passe pas forcément par la visite de musée dans le quotidien de leur mode de vie.

Bien que le Street Art ne soit pas toujours légal, sa valeur artistique est incontestable et il suscite de plus en plus d’intérêt. Et, ironie du sort, les galeristes et musées font appel aux street artistes pour réaliser des expositions !

Ernest Pignon-Ernest sait aussi mettre en scène l’humour et faire se côtoyer sur le papier les portraits célèbres de musiciens, d’écrivains ou de poètes de façon anachronique.
Compte tenu des différentes interventions de l’artiste, nous ne saurions assimiler sa démarche simplement au Street Art. Sa série « Les arbrorigènes » pourrait s’inscrire aussi dans le courant du Bio Art ainsi que dans le Land Art.

Description de l’œuvre et interprétation

Précision : Nous déciderons d’analyser autant l’œuvre que la photographie elle-même qui même si elle n’est pas considérée en tant qu’œuvre d’art, participe de la trace laissée de cet affichage in situ éphémère.

Cette œuvre est un dessin réaliste en noir et blanc sur papier, représentant deux personnages côte à côte : un homme et une femme. L’ensemble est collé à l’extérieur sur le mur restant d’un immeuble abattu. Les deux personnages portent des affaires diverses : sac, valises, matelas. Le baluchon est roulé sous le bras et le matelas suspendu au bout de la main. Ils semblent en train de partir, affaires aux bras. Leur visage est marqué par la tristesse et le poids de la vie. Le réalisme du dessin accentue l’impression que les personnages font partie du mur.

Technique(s) :

L’œuvre d’Ernest Pignon-Ernest est réalisée in situ, conçue pour un lieu donné, mettant en scène une image dans un espace, de façon éphémère et instaurant une relation avec le spectateur.

C’est une représentation de deux personnages par un dessin réaliste en noir et blanc au fusain sur papier puis reproduit par la technique de la sérigraphie, le tout marouflé sur le mur extérieur d’un immeuble en démolition. L’ensemble constitue une scénographie (car il y a une volonté de mise en scène des personnages). L’œuvre est donc in situ car elle prend sens dans le lieu pour lequel elle est conçue et où elle s’intègre.

Matériaux :
Le seul matériau qui constitue l’œuvre est le papier.

Support :
Cette œuvre a été marouflée sur un mur extérieur, reste d’un immeuble abattu, dans les quartiers parisiens de Montparnasse.

Dimensions :
La taille des personnages est à l’échelle 1, autrement dit grandeur nature.

Cadrage :
– Deux photographies de l’œuvre sont proposées : une vue d’ensemble de l’immeuble plein cadre ; un plan moyen et un gros plan rapproché de la sérigraphie. Attention, pour l’artiste la photographie trahit son travail car « elle impose un cadrage, alors que toute ma démarche est bâtie sur le refus du cadre ».

Point de vue :
La prise de vue de la photographie nous positionne face à l’immeuble ; le point de vue est dit frontal.

Composition :
L’œuvre se compose de deux personnages mis côte à côte, placé en bas d’un immeuble délabré, à hauteur d’homme.

Couleur / Lumière :
L’ensemble : photographie et dessin sont en noir et blanc. La lumière est donnée par le jour. L’ensemble montre une ambiance plutôt terne, sans lumière.

Les éléments en présence donnent-ils un sens ?

Lequel ? Pourquoi ? Anecdotes ?

· Le mur est important pour la signification de l’œuvre : l’homme et la femme y sont collés par le marouflage, comme s’ils étaient ancrés à la maison, comme s’ils appartenaient à la mémoire du lieu.

· Le mur est aussi un pied de nez aux espaces conventionnels dédiés à l’art tels que musées et galeries.

· Le mur résonne avec l’histoire du lieu et apporte l’histoire aux personnages représentés.

· Les déchirures du papier rappellent le déchirement du lieu des expulsés.

· L’usage du noir et blanc apparaît là, pour ancrer l’image dans le passé ; en noir et blanc comme une vieille image de laquelle resurgit le souvenir du lieu, de leurs habitants, des moments passés dans les murs, moments d’intimité.

· Le noir et blanc participe aussi de l’atmosphère sombre, terne.

· La dégradation de l’affiche est à l’image de ces vies déracinées vouées à l’oubli. Peu à peu la mémoire s’efface, se dégrade. Le temps des souvenirs, de l’œuvre semblent contredits par la photographie qui immortalise, arrête le processus. La photographie elle-même finira bien par vieillir…

· Le matériau : le papier joue du temps de l’œuvre participant à montrer la mémoire qui s’efface progressivement.

· L’échelle de l’œuvre a aussi son importance puisqu’elle est à la taille humaine, donnant ainsi plus de réalisme au propos et permettant plus facilement une assimilation du spectateur aux personnages représentés.

· La composition : la situation des personnages à hauteur d’homme et face au spectateur accentue le réalisme.

Portée ou influence de l’œuvre

En quoi l’œuvre a-t-elle marqué son temps ?

« Les expulsés » est une œuvre marquant l’engagement d’Ernest Pignon Ernest. Elle affirme sa carrière et marque une avancée du Street Art, influençant ainsi de nombreux artistes.

Avec cette œuvre il n’y a plus de contemplation d’un tableau au musée. On ne peut pas emporter avec soi cette image collée au mur, elle appartient à tout le monde, à la rue, au temps

Peut-on la rapprocher d’autres œuvres ?

Voici quelques pistes pour comparer, à vous d’y mettre les mots : quels sont les points communs, les différences :

boltanski la maison manquante 1987
Christian BOLTANSKI : La maison manquante, septembre 1990

La maison manquante Boltanski
Christian BOLTANSKI, La maison manquante
septembre 1990, Vue plongeante

Dans cette œuvre, des plaques sur lesquelles figurent les noms de familles déportées on été placées sur le mur, à une hauteur qui empêche les spectateurs de voir les inscriptions.

Ernest Pignon-Ernest Les gisants-1971
Ernest Pignon Ernest, Les gisants de la Commune de Paris, centenaire 1971

JR et Marco Projet Face 2 Face
Le français JR et le suisse Marco,
 Projet Face 2 Face 
 mur de séparation israélo-palestinien 2007
· « Sur les parois de l’oubli » d’ Ernest Pignon Ernest, 1971. Un hommage aux morts de la manifestation de Charonne.
· Les œuvres de Banksy. C’est un artiste percutant, révolutionnaire, subversif qui manie l’ironie, l’irrévérence et l’humour. Il crée ses œuvres sur les murs de nos villes en utilisant pochoirs et bombes de peinture. Sa maîtrise de l’image, son esprit contestataire et son humour grinçant sont sa marque de fabrique.
On ne sait pas qui est Bansky. L’artiste tient à rester anonyme et refuse la célébrité. C’est une attitude qui correspond à l’esprit du graffiti et du Street Art (réaliser des œuvres incognito) et permet d’échapper à la justice. Il dénonce les injustices, la guerre, la famine et défend la liberté, la justice, les opprimés. Il crée des images-choc souvent accompagnées de slogans percutants pour faire réagir et réfléchir les passants. Il utilise l’art pour exprimer son mécontentement face à des choix politiques et des situations sociales. Cependant, ses images sont aussi empreintes d’humour, de poésie et d’espoir.

Deux œuvres connues de Bansky :

« Napalm » (1994) : La célèbre petite cambodgienne brûlée au Napalm, accompagnée par Mickey et Ronald Mc Donald : image gaie et décalée, provocatrice, crée un malaise et fait réfléchir aux atrocités de la guerre. L’univers merveilleux des personnages de BD opposé à la brutale réalité des adultes, contestation alliée à l’humour.

Napalm. Banksy
 Napalm de Bansky inspiré par la photographie suivante

Nick Ut prise le 8 juin 1972
Nick Ut prise le 8 juin 1972

banksy le manifestant
 Le Manifestant  de Bansky

Le Manifestant , Bethléem : symbole du manifestant opprimé qui se bat pour défendre sa cause. Il surgit, visage camouflé, dans un mouvement, à la fois agressif et bienveillant … Un bouquet remplace le pavé habituel. Un message plein d’espoir, pour faire changer une représentation établie.
Et tant d’autres….

Regard sur l’œuvre

Cet espace permet à chacun d’exprimer son ressenti, donner un avis personnel, les questions que soulèvent l’œuvre… comme celles des problématiques proposées :

En quoi l’art se met-il au service de la mémoire ?
Comment l’art s’inscrit-il dans la vie de la cité ?
Comment l’art peut-il être un acte engagé ? 

Puis aussi de répondre aux questions suivantes :

Qu’est-ce que l’art engagé ? Comment l’engagement de l’artiste se traduit-il dans son œuvre ? Comment l’artiste s’implique personnellement dans son œuvre et dans son époque ? Quels liens l’espace et l’œuvre entretiennent-ils et cela a-t-il une incidence sur le sens de l’œuvre ? Dépendent-ils l’un de l’autre ?

Et puis d’ouvrir le propos vers un sujet connexe ou une question de société…

Lexique de base – mots clé

Une petite recherche de vocabulaire s’impose, en voici une liste dont la signification est à maîtriser.

Photographie / dessin / installation / dimension / espace / mémoire / temps / art éphémère / paysage / environnement / in situ / sérigraphie / spectateur / Street Art / marouflage … 

Sérigraphie :

1. Technique de reproduction des images utilisant un écran (soie) tendu sur un châssis. Lors du passage d’une raclette, la peinture traverse les parties non opacifiées de l’écran et se dépose sur le support (toile, papier, tissu). L’écran fonctionne alors comme un pochoir.

2. Œuvre réalisée avec cette technique, comme les séries de Marilyn d’Andy Warhol.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Les émotions et les sentiments, ou à la recherche des expressions.

Une émotion et un sentiment ne sont pas les mêmes choses. Une émotion est fugace et dure en moyenne trois minutes alors qu’un sentiment se développe dans le temps ! La sévérité  L'art byzantin est champion en matière d'austérité et de sévérité. Les icônes byzantines sont austères comme était conçu le rapport à la religion à cette époque. ll s'est développé dans l'Empire byzantin entre la disparition de l'Empire romain d'Occident en 476, et la chute de Constantinople en 1453. La Vierge de Vladimir en est un exemple. Le regard est lointain et la bouche de la Vierge pointe vers le bas. Un peu plus  tardivement en 1434, avec L es Epoux Arnolfini, Jan van Eyck   reprend une expression austère pour les deux époux. Dans la peinture contemporaine, Aurélie Nemours propose une toile bien austère sur le silence.  Structure du silence.  Le contraste est maximum et la composition massive est minimaliste. Rien ne vient perturber la surface de

3e sujet

  A partir des 150 ans de la commune de Paris, produis un "objet" plastique où seront en jeu les notions de : Collection, collecte... La-les mémoires, l'histoire (petites et grandes...) d'archive.s Techniques libres. Exemples : Exposition "Soulèvements" au jeu de Paumes. Exposition "Black Dolls" à la Maison Rouge. Article sur Commune de Paris issu du blog Alternatibac nijuman no borei (200.000 fantômes) from A diary under the Influence on Vimeo .     13 vidéos sur la Commune de Paris