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ART ET CONSOMMATION


La série inaugurale de cinq épisodes interroge les liens entre art et consommation, en écho à la construction controversée du Centre Pompidou en 1977, qualifié alors de « plus grand supermarché de l’art ». La journaliste Lydie Mushamalirwa interroge avec humour et précision la place de l’artiste dans notre société de consommation, le rôle du marché de l’art et celui du musée, à travers cinq univers artistiques et leur réponse à l’injonction du « toujours plus ».

Marcel Duchamp
Roue de bicyclette, 1913 / 1964    



Écriture et réalisation : Lydie Mushamalirwa – Habillage musical : Nawel Ben Kraiem et Nassim Kouti – Lectures : Julian Eggericks et Yoni Nahoum – Extraits musicaux : Batlik, Ben l’oncle sou


Ben

Le Magasin de Ben, 1958 - 1973 


Écriture et réalisation : Lydie Mushamalirwa – Habillage musical : Nawel Ben Kraiem et Nassim Kouti – Lectures : Marianne Bergès, Julian Eggerickx, Olivier Martinaud – Extraits musicaux : Claire Diterzi, Anne Sylvestre, Blondino, Rafaële Lannadère  






Ben Vautier devant sa boutique, Nice, 1965  




1958-1973

"L'artiste ouvre un magasin en 1958 à Nice qui devient un espace d'exposition. Il s'appelle "Le Laboratoire 32" puis "La galerie Ben doute de tout". L'artiste le démonte en 1974 pour l'installer au Musée national d'art moderne à Paris."


Alain Jacquet

Le Déjeuner sur l'herbe, 1964    




Écriture et réalisation : Lydie Mushamalirwa – Habillage musical : Nawel Ben Kraiem et Nassim Kouti – Lectures : Julian Eggericks – Extraits musicaux : Luciole, Catherine Leforestier, Scotch & Sofa    



“Déjeuner sur l'herbe” (diptych) by Alain Jacquet, 1964, photo screenprint on canvas in two panels, each panel is 173.0 h x 96.5 w cm


Nam June Paik

Global Groove, 1973,  Vidéo, 28' 



Écriture et réalisation : Lydie Mushamalirwa – Habillage musical : Nawel Ben Kraiem et Nassim Kouti – Lectures : Célia Crétien et Julian Eggericks – Extraits musicaux : Passi, Gaël Faye 


La monobande Global Groove produite en 1973 par les studios de Channel Thirteen (New York, États-Unis). L’œuvre initiale constitue une synthèse des recherches sur l’image électronique menées par Paik depuis le milieu des années 1960. L’artiste y déploie un environnement visuel faisant se chevaucher divers matériaux hétérogènes sur un même support : segments d’entrevues réalisées avec des artistes qu’il côtoie alors, extraits de concerts rock, ainsi que fragments d’émissions télévisuelles. Le contenu de ce montage est modulé pour produire divers effets (grâce à des outils de traitement du signal vidéo inventés par l’artiste// Le synthé Paik-Abé). Au-delà d’une exploration formelle, l’œuvre tente de faire le pont entre la culture populaire et le milieu de l’avant-garde new-yorkaise des années 1970, tout en commentant l’omniprésence des médias dans la société d’alors. 

Andreas Gursky
99 Cents, 1999  


Écriture et réalisation : Lydie Mushamalirwa – Habillage musical : Nawel Ben Kraiem et Nassim Kouti – Lectures : Yuni Nahum, Olivier Martinaud - Extraits musicaux : Coloris, Milk Coffee and Sugar, Juliette Armanet  

Andreas Gursky 99 Cent II 2001 (diptych)

Épreuve chromogène
206,5 x 337 x 5,8 cm


327 cm (hors marge)


L’intérieur d’un supermarché américain, dans lequel tout est proposé au prix unique de 99 ¢, est prétexte à restituer la profusion des petites surfaces colorées des produits bien alignés dans un parfait ordonnancement au chatoiement exceptionnel. La succession des rayonnages, tel un déferlement, donne une dimension vertigineuse à l’image, que vient renforcer le reflet au plafond des étalages. C’est dans un second temps qu’émergent les figures des clients du magasin, que la profusion des emballages semblait avoir englouties. On peut lire ici toute l’ambiguïté de la présence de l’homme chez Gursky, présence qui, lorsqu’elle n’est pas en tant que foule, multitude ou rassemblement, le sujet de l’œuvre – où elle est tout aussi instrumentalisée –, sert d’indicateur d’échelle plutôt que de support à une narration.

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